J'en profite pour vite placer mon analyse perso avant
P
De prime abord, deux gros chocs: Peu de CLM! Mais aussi, peu de montagne!!! Mais aussi, un CLM en côte à l'Alpe! Mais aussi, un tour qui ne franchit pas les 2000m ?!!! :-OO
(pask ils ont beau nous faire croire que la Madelaine est pile à 2000 -comme par hasard-, on sait bien qu'il culmine en réalité à 1991m)
Passons au détail:
Comme d'habitude, pas moyen de trouver les profils sur letour.fr (à part ceux des étapes de montagne). N'importe quoi.
Difficile donc de dire si certaines arrivées seront un peu plus corsées qu'à l'habitude... Ca m'étonnerait, on parle bien là du tour de France et de ses premières étapes désesperément identiques...
Après un prologue de 6km, nous avons 2 étapes entièrement Belges, dont l'une enpruntera -en partie seulement, dommage- le mur de Grammont. Rien de suffisant pour empêcher un sprint massif je pense...
Entrée en France par la suite, avec passage sur deux secteurs pavés de Paris-Roubais (3600m en tout). Bon, ce sera sûrement pas la tranchée d'Arenberg non-plus, hein... Ce serait dommage qu'Armstrong tombe et se pète un genou dedans quand-même! gnark gnark gnark (méchanceté bêtement - mais jouissivement- gratuite).
La 4ème étape marque le traditionnel CLM par équipes, d'une durée classique (65km), sur un parcours classiquement plat.
Par la suite, on enchaîne sur 4 autres étapes de plat. Petite incertitude sur celle qui arrive à Quimper et qui traverse les monts de Bretagne (mais Quimper, c'en est déjà loin... Ennième occasion loupée, bref).
Puis repos
Puis on en arrive avec deux étapes de "transition"; la première étant une inconnue (pas de profil...), mais ne devant pas être effrayante.
La deuxième, par contre, nous est annoncée à grands fracas par le sieur Leblanc comme exceptionnelle et intéressante.
Voyons ça: 237km, c'est long. Un début valonné, puis le Pas de Peyrol par son versant hyper roulant (la pente, pas la route), sauf les 2 derniers km raides, ensuite 23km de descente, puis le Prat de Bouc (5km faux plat +5km plus raides), et enfin 30km de descente et plat sur petites routes. Mouais, 30km après 5 de côte, c'est un peu trop...
J'accepte cependant la dénomination "Moyenne Montagne"; la course sera intéressante (avec une petite attaque d'un favori dans Prat de Bouc, juste pour dire), mais se réglera avec un sprint d'environ 50 coureurs à St-Flour.
Y'aurait eu moyen de faire bien mieux avec un enchainement Pas de Peyrol-Col du Perthuis-Super Lioran, 13km de descente et arrivée à Murat... Enfin moi c'que j'en dis...
Ensuite, une dernière étape de transition avant la montagne.
Au total donc, on poirautera jusqu'a la 12ème étape pour attaquer la montagne!! C'est long, très long, trop long...
Voyons un peu maintenant ces 2 étapes de montagne des Pyrénées:
1ère: Castelsarrasin -> La Mongie, 199km.
Cols: Aspin et montée finale, c'est tout!!
C'est nul.
Aspin, bien que classé 1ère cat, n'est qu'un vulgaire 2ème cat. sans intérêt (je suis dur, j'aurais de la peine à arriver en haut sûrement!! Non mais sinon, je pense qu'il vaut à peine la Faucille! Même pas d'ailleurs).
Après, bien sûr, on a la montée finale qui est difficile... Mais bon...
Perso, j'aurais bien vu une arrivée au pic du Midi! Ils ont refait la route récemment, et ça ferait une montée finale de fou, bien adaptée du fait que le reste de l'étape est facile...
Alors bien sûr, ils vont dire que y'a pas assez de place à l'arrivée pour mettre toute l'infrastructure en place... Bien entendu, par infrastructure, ils entendent leur monstrueux podium sur lequel ils sont tout fiers de pouvoir faire retentir leur hymne tout joli, et leur super plateau télé où Thébenet, Jean René et autre Gérard Holtz poussent la questionnette aux coureurs fraichement arrivés... c'est un choix me direz-vous, ben c'est pas le mien... Enfin bref).
Donc bon, après une première étape décevente, passons à la deuxième, Lannemazan-Plateau de Beille, 217km.
Vous l'aurez constaté, on nous parle d'un Tour spécialement original...
Moi je constate simplement que ces deux arrivées en côte sont les mêmes que celles de 2002 alors que les Pyrénées regorgent d'arrivées en côte possibles, que le col d'Aspin est le col le plus souvent emprunté par le TDF, et que cette deuxième étape est une classique parmis les classiques (même si, oh suuprême prise de risque, ils remplacent cette année l'enchaînement Core-Port-Beille par un Core-Latrape-Agnès-Beille moins courant, mais quand-même classique.
C'est bien joli, mais on se tappe quand-même 35km de transition avant Beille... Bon ok c'est pas encore rédhibitoire, mais quand-même dissuasif... On aimerait bien voir une fois par exemple un Port-Soulombrie-Beille, pourquoi pas... M'enfin, c'que j'en dis hein... Evidemment, moi, je ne suis pas aux prises avec les ""réalités du terrain""...
Sinon, cette seconde étape, bien que classique, est quand-même interéssante.
Mais c'est déjà fini pour les Pyrénées.
Après une étape de transition vers Nîmes, puis le deuxième jour de repos, on attaque la dernière semaine qui est boostée à fond.
Premièrement, Valréas-Villard de Lans, classée "Moyenne montagne". Voyons ça:
Après une demi-étape plane, on attaque avec le col des Limouches, assez sérieux (10km 6.5), puis l'Echarsson-Carri en passant par la combe Laval, ce qui promet un paysage extraordianaire dans les canyons du Vercors. On ve ensuite chercher la côte de Chalimont, bien cachée sur une petite route et idéalement placée sur le parcours, avec des pourcentages très irréguliers. Après seulement 12km de descente on termine par une petite côte de 2km pour monter à Villard-de-Lans station.
Alors là, pour une fois, je dis bravo. Etape originale, très bien conçue, à travers des paysages magnifiques, et de bonne longueur (179km). Enfin un peu d'originalité dans le parcours, additionnée d'un bon placement des difficultés, c'est rare pour le TDF!!
Une superbe étape de Moy. Mont. donc.
On enchaîne sur le juge de Paix, la montée à l'Alpe en CLM. Bonne idée, car un CLM en côte est un spectacle magnifique. (c.f. Vuelta). Et attention, là il ne s'agit ni de l'Abantos, ni de la montée de Val d'Isère! C'est dur de bout en bout, aucune mise en jambe (enfin si, 1km entre Bourg et le pied!!), ça va faire mal et nul doute que les grimpeurs domineront les rouleurs (enfin, sauf Armstrong et Ullrich bien entendu... Je pense plutôt aux Millar et Cie).
En plus d'être une bonne idée, c'est surtout une nécéssité absolue, parce qu'avec le peu de montagne que propose cette édition 2004, les grimpeurs auraient été vraiment extrêmement désavantagés par un 2ème CLM plat, comme c'est l'habitude sur le TDF (puisque ce CLM remplace le 1er CLM de plat, donc).
Toujours pas de temps mort, puisqu'on enchaîne sur la seule étape de montagne des Alpes (!!), Bourg d'Oisans-le Grand Bornand, avec au programme le difficile enchaînement Glandon-Madelaine, la TRES TRES LONGUE PLAINE entre le sommet de la Maldelaine et le bas de Tamié - près de 50km!!! - plus connue d'ailleurs sous le nom de "comment réduire à néant l'impact de deux cols HC" et donc placer de la difficulté pour rien, c.f. plein d'exemples l'an dernier... Je sais bien qu'il n'y a pas de cols possible entre deux... Eh ben à eux de mieux placer leurs cols! En mettant par faisant par exemple Iseran-Cormet de Roseland, enchainement qu'on ne voit plus depuis belle lurette... Ah oui je suis con, depuis la dernière fois ils ont peut d'avoir de la neige à l'Iseran... Quel drame terrible, il faudrait éventuellement devoir courir l'intolérable risque de devoir tronquer une étape... je frissonne rien que d'y penser. Rebref.)
Je disais donc, Glandon-Madelaine, puis plaine, puis Tamié-Forclaz de Montmin-Croix Fry-Gd Bornand, soit exactement le même enchaînement que dans le tour 97 (quand on aime hein...)
Perso j'aurais viré le Glandon et la Madelaine, qui ajoutent de la difficulté pour rien (seul le Grupetto la sent passer...), et concocté un joli circuit d'arrivée... Entre les Aravis, la Crx Fry, la Colombière (surtout), la côte de Romme, le col des Glières, y'avait du potentiel...
On aurait pu aussi pousser l'arrivée jusqu'au Chinaillon... M'enfin c'que j'en dis hein, bla bla bla...
On enchaîne ensuite toujours sans répit avec une dernière étape estampillée "moyenne montagne", 166km entre Annemasse et Lons-le-Saunier.
Je trouve déjà dommage de toujours terminer avec une étape de Moy.montagne et jamais avec une étape de montagne, car les favoris signent TOUJOURS la trève au soir de la dernière étape dure... c.f. étape de Bayonne...
Cette étape Jurassienne, ça fait longtemps qu'on l'attendais (enfin moi en tous cas, Genevois...), mais pas à ce moment là, en fin de Tour, où y'aura un groupe d'échappés avec 20' d'avance!!! GRRR
En plus cette étape est malfoutue. Plate au début, puis une grosse difficulté (la Faucille c'est pas rien, et je dis pas ça parce que c'est mon tout premier col!), puis rien à nouveau à part des pseudo-côtelettes, et les 30 derniers km sur une nationale assez rectiligne... Nul.
On enchaîne (eh oui, toujours sans pause) avec l'unique CLM "classique" de ce TDF, 60km (long!) autour de Besançon, très valonné en plus, ça va faire des écarts énormes et les grimpeurs qui se prenaient à rêver vont se manger grave du bitume.
Après, direct Paris pour le final sur les Champs.
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Bon, je ne sais pas si vous l'aurez remarqué à mon ton très légèrement sarcastique dans certains passages, mais ce parcrous ne m'emballe pas.
Je veux pas faire d'anti-Tour de Francisme primaire, mais il faut bien avouer que les parcours sur le TDF ne sont vraiment pas le point fort de l'organisation!! On a TRES largement mieux sur le Giro et la Vuelta... (avec un bémol cette année pour la Vuelta, c'est vrai).
Alors bien sûr, ce qui sauve les apparences, c'est que ce sont avant tout les coureurs qui font la course (et pour ça, comptez sur Thébenet et Cie pour vous le sortir 43fois l'an prochain), et c'est ce qui sauve le TDF à chaque fois, même si je trouve perso la course souvent chiante (bon pas cette année à cause du TDF truqué, on est bien d'accord).
Donc original, je dis non, pour deux raisons:
-le tracé des étapes est classique
-l'équilibre total est respecté. Comment? C'est bien simple, on a un CLM en moins (je compte comme "neutre" le CLM de l'Alpe d'Huez dans la balance rouleurs-grimpeurs), mais 2 étapes de montagne en moins!!
Autrement dit, on a toujours un équilibre identique, mais avec beaucoup moins de difficulté!! GENIAL LES GARS, QUEL BOULOT! MDRR
Non sérieusement! Le Tour n'atteint JAMAIS les 2000m, il n'y a que 2 arrivées en côtes, et surtout, 3 étapes de montagnes (dont une au rabais), 3 étapes de moy.montagne (dont 1.5 au rabais), et basta!!
Alors que classiquement on tourne autour d'une norme 4 montagne, 4 Moy.montagne, 2CLM, là on a en gros 2 montagne, 2moy.montagne, 1 CLM!
Ca parle tout seul.
Je termine par deux petites remarques assassines:
1) Contrairement à ce qui se fait sur le Giro et la Vuelta, le début de TDF (et là, ça concerne 12 étapes!!! - moins une, c'est vrai, et encore - est rigoureusement dénué de difficultés!! AUCUNE EXCEPTION, JAMAIS!!!!
Attention, je ne demande pas de grosse arrivée en côte en première semaine non, non! Simplement, SIMPLEMENT, des arrivées un peu plus diversifiées, comme une bosse de 500-1000m à l'arrivée, ou une de 2km à 10km de l'arrivée, afin de proposer une alternative aux sprints massifs! On le boit sur le Giro, ces petites côtes d'arrivée permettent en même temps aux sprinters "normaux", aux sprinters "de bosse" type Baldato, et même aux leaders rapides de se montrer et de se placer! On a vu souvent au Giro des McEwen, Baldato, Di Luca et Garzelli au coude à coude dans le sprint d'arrivée! Une petite comme ça de temps en temps, c'est ça qui est parfait, ca permet du changement, ça permet d'entrevoir les favoris dans pour autant avoir un impact au général...
2) Lorsque on demande aux coureurs qu'est-ce qui pourrait être fait pour rendre les courses de trois semaines moins épuisantes physiquement, ils disent toujours les choses suivantes: des étapes plus courtes parfois, pour récupérer (ça a été fait), ET ils demandent de limiter au maximum les transferts, pour éviter de se tapper 1-2h de car après l'arrivée...
Or, sur le Tour de France, c'est tout l'inverse qui est fait! C'est bien simple, sur 20 étapes, il y a 16 transferts d'effectués! Seulement 4 villes font arrivée et départ!!! Sachant que ces transferts, à part les gros inévitables si l'on veut que le TDF passe un peu partout, sont tous INUTILES au plan du parcours (dans le sens que ce n'est pas fait dans le but de raccourcir, faciliter ou corser une étape), c'est tout simplement SE FOUTRE DE LA GUEULE des coureurs!!!
Voir Messieurs Leblanc et Killy pérorer en se déclarant à la pointe de la lutte anti-dopage, en déclarant être à l'écoute des coureurs, faire tout leur possible pour rendre le parcours "humain" et autres inepties, ils s'en mettent plein les poches en proposant le plus de villes étapes possible, afin de contenter tout-le-monde (porte-monnaie bien sûr, tourisme local aussi), sauf les principaux acteurs, les coureurs!!
Alors franchement...
Enfin moi, c'que j'en dis, hein...
inscrit le 10/02/99
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