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Un Français condamné pour avoir tué 262 chamois en 3 ans
DIGNE-LES-BAINS (AFP), le 26-02-2004
Le tribunal correctionnel de Digne-les-Bains a condamné jeudi à deux ans de prison, dont 18 mois avec sursis, un instituteur à la retraite qui a reconnu avoir tué 262 chamois, dont la moitié dans des parcs naturels nationaux, en trois ans.
Gilbert Olivier, 62 ans, a également été condamné à verser 211.000 euros de dommages et intérêts aux différentes parties civiles, dont 120.000 euros au Parc national du Mercantour, 20.000 euros à celui des Ecrins et 30.000 euros à l'Office national des forêts (ONF).
Le procureur avait requis un an de prison, assorti ou non d'un sursis. Sa femme, poursuivie pour complicité, a été relaxée.
Le braconnier, qui officiait dans les départements des Hautes-Alpes, des Alpes-Maritimes et des Alpes-de-Haute-Provence, avait reconnu à l'audience avoir tué "304 chamois en 37 ans de chasse", "262" entre 1998 et 2001, dont plus d'une centaine dans les parcs nationaux du Mercantour et des Ecrins.
Le chamois est une espèce dont la chasse est strictement réglementée et interdite dans les Parcs nationaux.
Pour expliquer son comportement, Gilbert Olivier avait indiqué avoir "mal vécu" sa retraite. "Je suis tombé en dépression et j'ai été hospitalisé. Il a fallu des compensations", avait-il dit à la barre.
Il avait été arrêté le 2 juillet 2001 par les gardes de l'ONF sur les hauteurs de Jausiers, après des semaines de surveillance.
Les enquêteurs ont pu établir le décompte macabre de Gérard Olivier qui notait scrupuleusement tous les résultats de ses sorties. Sur ce tableau de chasse, il avait inscrit avoir tué 95 chamois dans le parc national du Mercantour, et 39 dans les Ecrins.
Un préjudice qui s'élève selon les parties civiles à 360.000 euros. A l'audience, l'un des avocats des parties civiles avait évoqué un "Klaus Barbie du Mercantour".
L'homme collectionnait, dans l'une de ses pièces, les trophées de chamois et de quelques espèces protégées. Lors de la perquisition à son domicile, les gendarmes avaient récupéré 20.000 cartouches, une trentaine d'armes dont un gros pistolet 22 LR équipé d'une lunette et d'un silencieux.
"Il s'est mis délibérément hors-la-loi pour survaloriser sa personne", avait déclaré le procureur.
L'expertise psychiatrique ordonnée par le tribunal avait révélé une "tendance névrotico-perverse et obsessionnelle". "C'est la première fois que je vois une affaire de chasse justifiant une expertise psychiatrique", s'était étonné le procureur.
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Pas glop ! ça fait beaucoup de pauv' bete tout ça...
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