Chouette we dans les Alpes Valaisannes, entre Mont-Blanc et Combins.
Vendredi, 18h, la météo pour le week-end s'annonce plutôt belle mais le moral est pas au top, tout le monde est en vacances partout dans le monde, les plans escalade et cie sont tombés à l'eau, bref rien de prévu...
Je me console en me faisant un petit programme avec rangement (ça devient critique), bouquinage au bord du lac, rempotage de bananier (là aussi, ça devient urgent, ça pousse vite ces bestioles !), un peu de tourisme et de cuisine... Bref, on s'occupe !
En rentrant au logis que je partage avec d'autres stagiaires et apprentis de mon lieu de stage, je trouve Constanze, une stagiaire allemande en plein découpage-scotchage de bouts de carte de rando... Tiens tiens, elle a prévu de randonner en Valais, c'est plus intéressant que mon programme qui n'en est pas un !
Bon, j'étudie attentivement le topo imprimé, parce qu'on a pas vraiment le même niveau... Non, désolé, ce n'est pas avec moi qu'elle pourra aller faire du rocher raide ou crapahuter sur les glaciers... Et ses randos dominicales avec 2100m de dénivellée à la journée, c'est trop pour moi !
Allez zou, décision prise ! On zappe toutes les chaînes pour la météo et grosse hésitation... 4h de route pour une rando alors que dimanche est pas si mauvais que ça ? Dommage... Je n'ai pas mon duvet chaud donc pas possible de bivouaquer, de plus, le tour prévu n'est pas rallongeable pour atteindre une cabane, mais on prévoit quand même de prendre ce qu'il faut dans la voiture, on avisera en cours de route !
Départ assez tôt samedi, je passe vite emprunter les cartes du coin au labo (pratique ça !) histoire d'avoir un peu la région et zou, direction le col du Grand Saint-Bernard. En route, je réserve par téléphone dans une cabane du Val de Bagnes voisin, ou Constanze a repéré un sommet. Vu qu'on aura de la route, ça sera la cabane de Brunet, accessible en voiture, parce que bon, encore 3h de marche le soir après la rando prévue, ça peut faire une arrivée un peu beaucoup...
Arrivées au col, il n'y a pas grand monde et il fait pas bien chaud ! Mais on se réchauffe vite en partant en direction de la fenêtre de Ferret. L'itinéraire normal passe par la route de l'Italie sur un bon kilomètre, on décide plutôt de suivre de vagues sentiers la surplombant, puis comme on a pas envie de redescendre vers le chemin du col, nous montons dans le vallon parallèle vers le premier des 3 cols de la journée, en dérangeant à peine un troupeau de bouquetins et quelques marmottes.
Du premier col, on grimpe en direction de la Tête de Fonteinte derrière un couple qui a repéré des bouquetins. Une demi douzaine de bestioles occupe effectivement le sommet et pour ne pas déranger les autres randonneurs installés à les observer, nous nous arrêtons juste avant le cairn du sommet. Après avoir admiré la faune et le paysage, nous redescendons dans le vallon des lacs de Fenêtre par l'autre côté de la Tête puis nous rejoignons le chemin normal au niveau des lacs. La vue sur le massif du Mont-Blanc est magnifique, même si celui-ci est déjà dans les nuages.
Après avoir fait le tour des trois lacs, il est temps de monter en direction du col du Bastillon, qui selon l'âge de la carte s'appelle également col des Chevaux, nom qu'il partage avec le dernier col de notre itinéraire (notre carte datant de 1970, même si les montagnes ne bougent pas, les panneaux ne correspondent pas toujours !). Le chemin grimpe raide dans les cailloux, mais il est vraiment bien tracé, c'est agréable ! Au col, nous profitons de la double vue sur le massif du Grand Combin (j'ai oublié de faire la photo de ce côté là d'ailleurs) et celui du Mont-Blanc qui commence de plus en plus à se couvrir.
Constanze veut monter aux Monts Telliers au dessus de nous, c'est raide et il n'y a pas vraiment de trace, je préfère faire un sort à mon taboulé en l'attendant.
A son retour (sans commentaire sur son assurance et sa rapidité, pffffiou...), nous prenons le chemin du col des chevaux. Il y a deux itinéraires pour y parvenir, le plus fréquenté passe par le vallon et remonte de l'autre côté, l'autre est en balcon et permet d'éviter de trop redescendre. Bon, ça veut dire aussi plus de gaz et deux trois pas difficiles avec cables et cie, mais le topo assure qu'il est bien tracé, il n'y a pas trop trop de neige, je devrais m'en sortir.
Bon, on arrive au névé numéro 1, on est pas encore dans le raide, Constanze me propose un baton, zoupla, je suis de l'autre côté. Névé numéro deux est plus étroit mais waouh, vaut mieux pas se rater, numéro 3, y a un torrent en dessous et des gros trous, ouf, ça porte, mais euh, on a bientôt fini là ? 100m plus loin, c'est le passage à cable pour passer un éperon rocheux, le caillou est sec, on dirait presque que j'ai même pas peur ! Les névés 4 et 5, pfff, facile ! Encore un ébouli, un petit raidillon et nous voilà au dernier col, qui cette fois est le vrai Col des Chevaux. Il nous reste une descente facile jusqu'à la voiture, on fait une petite pause histoire de finir les abricots du Valais emportés.
La descente, ben comme toutes les descentes de fin de balade, c'est tranquille, et j'apprends plein de vocabulaire en allemand. Nous arrivons au col, un bus de japonais est garé à côté de nous, retour à la civilisation ! On ne s'attarde pas trop, on a quasiment une heure de route pour descendre dans la vallée et remonter dans celle d'à côté et le repas à la cabane est à 18h !!!!
Timing parfait, nous arrivons à 17h50 à la cabane. Le temps de faire un brin de toilette plus que nécessaire, et nous voilà à table avec un couple de français faisant des variations autour de la Haute Route Chamonix-Zermatt.
On profite de l'après repas pour bouquiner et profiter du soleil qui se couche mais je ne fais pas long feu !
Petit dej à 7h le lendemain, et même si je ne vais pas faire le sommet que Constanze a prévu (mes connaissances germaniques me permette de comprendre les termes "pas de sentier", "suivre l'arrête vertigineuse" et autres "passage délicat dans les éboulis" du topo allemand) je suis debout.
Je me contente de profiter du temps encore très beau (des orages sont prévus pour la journée) pour monter me poser au soleil un peu plus haut. Je vise la butte qui domine la cabane 100m plus haut, finalement, je continue dans le vallon jusqu'à ce que le sentier soit trop humide pour ma balade en sandales !
Je me pose un bon moment pour botaniser et pique niquer sur un promontoire digne du chef des marmottes (c'est peut être lui que j'ai délogé un peu plus bas d'ailleurs) jusqu'à ce que les nuages me chasse : ça commence à cailler sérieusement ! Je redescends vers la cabane, mais je préfère finalement l'air frais du dehors à l'ambiance chaude et humide d'une salle ou une bonne vingtaine de personnes mangent de la fondue !
Constanze rentre un peu plus tard, ravie de son tour (qu'effectivement, j'ai bien fait de ne pas vouloir faire !) et nous redescendons vers le Léman juste au moment ou les premières gouttes tombent sur le pare brise !
Au final, je suis bien fatiguée, j'ai encore pris des coups de soleil dans des endroits tordus, mais je suis contente de mon weekend et de moi, même si mon bananier risque de faire exploser son pot et que ma chambre tend encore plus vers le chaos !



Bien sûr que c'est le col du Bastillon, je sais pas à quoi je pensais, je vais éditer ça de ce pas ! Et encore, hier, y avait d'autres aneries ...
réactions (5 réactions)
2-3 précisions. Je ne sais pas ce qui est inscrit sur ta carte de 1970, mais maintenant on dit :
- Fenêtre de "Ferret" et pas "Fernet" (Ca c'est plutôt une "boisson-médicament, non?
- Col du Bastillon et non "du Bataillon"
En tout cas, la nature n'a pas été avare en belles choses lors de votre visite!
Et pour Fernet, c'est une explication possible, la distillerie, c'est par chez moi
Ah d'accord, alors je comprends tout maintenant!