Mes commentaires plus bas sur chaque point entre parenthèse.

"Comment voulez-vous que les gens achètent leurs journaux en kiosque s'il est gratuit sur Internet » (2), s'est-il interrogé. « Il y a un problème de diversification, un problème de seuil. Ce n'est pas sain (3) que le journal soit gratuit (...) sur Internet il y a peut-être plus de lecteurs, mais pas plus de recettes

il y a un gigantesque problème de distribution. Il faut donc aider la presse écrite à faire du portage à domicile, ce qui créera des emplois et qui permettra d'avoir son journal tôt le matin (4)  »

(1) Si on considère que la libre concurrence et la pluralité des supports sont un problème qui doit être traité, alors oui : Internet est un considérable problème pour la presse traditionnelle.

(2) Question stupide qui contient la réponse, car la vraie question n'est pas "comment" mais "pourquoi". Car à contenu égal, il ne fait en effet aucun doute sur ce que choisira le lecteur, entre payant et gratuit, même avec beaucoup de compassion et même si ça ferait visiblement plaisir au président. Mais le terme important c'est "à contenu égal". Si on veut vendre ce que d'autres offrent, il faut faire mieux, différent bref offrir un service supplémentaire qui justifie de sortir l'euro et quelque quotidien. Le constat est simple, l'application un peu plus délicate.

(3) ah, ce n'est pas sain que l'info soit gratuite. ah, ok. Quid de la radio? de la tv?

(4) Pour ce qui est de cette suggestion d'embaucher des armées de porteur pour apporter le journal (payant) dans chaque foyer dès potron-minet, on va considérer que c'est une boutade...

Si je puis me permettre d'autres suggestions :

- établir une taxe sur internet pour subventionner la presse
- fermer Internet (avec un gros cadenas et des vigiles) de 7h à 11h pour relancer les achats de quotidiens matinaux.
- fermer Internet en cas de News importante en journée afin que les journaux ne sortant que le soir ou le lendemain puissent relayer l'info sans qu'elle ne soit éventée (ce qui est convenons-en une concurrence déloyale de la part d'internet)
- adopter le format flip-book pour faciliter l'intégration de la vidéo dans les pages papier.
- nationaliser tout ce bazar (à relier à l'idée de taxe ci-dessus, une sorte de redevance quoi)

Bref, les temps sont plutôt durs pour la presse traditionnelle, tout le monde s'accorde pour le dire de tous les cotés de l'atlantique et l'avenir ne semble guère plus radieux si rien de radical n'est entrepris. En revanche, ce n'est surement pas du coté des politiques qu'il faut attendre la solution, et encore moins d'une stigmatisation d'internet et de son info gratuite.
Car comme précisé plus haut, la radio aussi est gratuite et réactive, et personne n'a jamais rien eu à y dire, parce que les usages étaient clairement différents. Ce qu'on reproche à internet ici, c'est d'être trop concurrent, c'est à dire dans certains cas de faire aussi bien ou mieux pour gratuit. Si la presse veut sauver sa peau, il va falloir qu'elle trouve un moyen de re-faire basculer le rapport qualité-prix de son coté, ou tout du moins de le ré-équilibrer. Et ça passera inévitablement par des transformations assez radicales du modèle économique, des façons de travailler et des structures. Ce qui ne ne se fera pas sans douleur mais c'est un peu tard pour la transition douce.

Pour conclure et élargir le débat, je pense qu'en focalisant sur le support (papier/web) on se trompe de combat. Ce qu'il est important de préserver/développer c'est une certaine idée du journalisme, une déontologie, une qualité de contenus. Et cela n'a rien à voir avec le support qui de toute façon est amené à évoluer. Car il sera toujours possible de faire de la bouse sur papier et des merveilles sur le Web. Et inversement. Alleluia.

Et vous, vous y feriez quoi pour relancer la presse quotidienne?

via une news originelle de Neteco